Monde rural : œuvrer dans la protection de l’environnement pour sauver l’agriculture

La population rurale est encore considérée parmi les plus vulnérables à Madagascar. Elle constitue pourtant 78% de la population malgache selon le rapport annuel sur Madagascar du PNUD en 2018. Vivant essentiellement de l’agriculture et de l’élevage, la majorité de cette population est classée dans la catégorie la plus exposée aux divers risques.

Le contexte socioéconomique en milieu rural requiert ainsi la prise de responsabilité de diverses entités et organisations afin de mobiliser et de soutenir les initiatives qui visent à l’amélioration de la qualité de vie de cette population.

Leur première source de revenu fait en effet face à diverses difficultés, fruits du manque de production dû à la mauvaise qualité des intrants ou les techniques agricoles dépassées. S’ajoutent à cela d’autres facteurs tels que le changement climatique qui affecte le calendrier cultural. Combattre la dégradation de l’environnement devient de ce fait le premier défi du monde rural malgache. Les agriculteurs sont les premières victimes du changement climatique puisque celui-ci frappe leur source de revenu, et qui, par conséquent, entraine le dérèglement économique et social dans ces communautés.

Les paysans se mobilisent pour apporter des solutions durables

En tant qu’acteur du développement local, les organisations de la société civile agissent et prennent leur responsabilité pour apporter le changement. Les OSC qui travaillent dans le milieu rural ont parfois leurs particularités : elles sont constituées par les paysans eux-mêmes, elles se démarquent par leur connaissance du terrain et leur système organisationnelle privilégie les échanges et favorise l’adhésion des bénéficiaires à leurs activités.

L’association Fy Ankinana et Amita font partie de ces associations constituées de paysans et d’agriculteurs qui souhaitent apporter un changement dans leur communauté.

La première travaille dans la région Vakinankaratra, dans 2 communes en particulier : Ambohibary et Andranomanelatra. Face à la dégradation de l’environnement due principalement à la déforestation et au changement climatique, l’irrigation des rizières devient problématique et certaines parties des terres agricoles deviennent inexploitables car l’eau se raréfie depuis quelques années. Cela menace la production agricole et accentuera la vulnérabilité des agriculteurs. L’association Fy Ankinana a décidé de s’attaquer au problème depuis sa source : la dégradation de l’environnement.

2000 arbres sont donc prévus être plantés par les 300 ménages membres de cette association pour cette année 2020. Après  le reboisement, l’association s’engage également à protéger la surface recouverte par des enclos par l’implication de la population locale. Cet engagement de la communauté permettra ainsi d’assurer la durabilité de ses actions.

L’association Amita qui travaille à Amparihibe, dans la commune d’Ambatomanohina dans la partie nord-est de la région Analamanga n’est pas en reste dans la protection de l’environnement, notamment dans la  lutte contre l’érosion et l’ensablement des terres cultivées.

Leur initiative consiste également à reboiser plus de 30 Ha de terrain sur les collines environnant le lac d’Amparihibe et les sources d’Andreniny qui alimentent en eau plus de 2000 habitants, mais surtout qui irriguent les rizières.Chaque année, 2 Ha de rizières deviennent inexploitables, ce qui pousse les paysans à se tourner beaucoup plus vers d’autres activités telles que la pêche, l’élevage porcin et bovin. Ceux qui perdent leur terre sont contraints parfois d’opter pour l’immigration. Cette initiative est ainsi essentielle pour la riziculture mais également pour les autres activités génératrices de revenu.

Le reboisement sera accompagné de la réhabilitation du bassin versant avec l’aménagement des courbes de niveau et des canaux de protection afin d’endiguer le phénomène d’ensablement. À ces travaux sur terrain s’ajoutera également le renforcement organisationnel de l’association pour que celle-ci assure la bonne gestion du lac et des terrains reboisés.

Ces deux exemples d’initiative des associations regroupant les communautés d’agriculteurs démontrent ainsi l’engagement des citoyens dans le développement de leur communauté en se basant sur la réalité et en proposant des solutions tangibles. Les initiatives menées par ces associations traitent le problème depuis sa source et visent la durabilité des impacts, que ce soit dans les activités proprement dites que dans la mise en place d’une structure qui encadre la mise en œuvre et la continuité de ces activités.

Les deux associations font partie des premières OSC que Fanainga accompagne pour leurs initiatives respectives.

Partager l'article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Articles récents

De nouveaux horizons grâce à l’école

En 2021, dans la commune rurale d’Antehiroka, distict d’Ambohidratrimo, le taux de réussite aux examens officiels est passé à 76,13%, voire 100% dans les petites

Partager l'article
Lire la suite »

Accès à l’eau potable : un droit, une nécessité

S’il y a un terme qui pourrait définir les actions de cette organisation, ce serait l’efficacité. Soakoja érige et réhabilite des ouvrages pour permettre à

Partager l'article
Lire la suite »

Protection des mangroves : forte mobilisation des communautés locales

FIMPIFIMAHO (Fikambanan’ny mpiompy trondro Miaro Ala Honko) est une association des pisciculteurs d’Ambondrolava, commune de Belalanda, district de Tuléar II. L’association a pour mission de

Partager l'article
Lire la suite »

S’activer pour la génération future

Plus de 8300 bouillies et 3400 repas améliorés ont été distribués dans les cantines scolaires des deux écoles primaires publiques d’Antsirabe, l’EPP Mahazoarivo et l’EPP

Partager l'article
Lire la suite »